J'ai cherché pendant longtemps la carte, la phrase, la citation ou le cadeau qui auraient pu, mieux que mes propres mots te dire à quel point tu comptes pour moi. Mais quel intérêt ? Alors, aujourd'hui, assise bien droite à mon bureau j'essaye de t'exprimer comme à un examen avec les mots les plus justes, l'affection que je te porte. Tu ouvriras sans doute cette carte dans ton salon, ou même dans ta chambre et moi, je serai chez moi et j'essayerai d'imaginer l'expression de ton visage quand tes yeux balayeront ces quelques lignes. Je l'ai réfléchi longtemps cette lettre, je l'ai pensé, j'en ai fait des tas de brouillons. J'avais des phrases toutes prêtes dans ma tête mais dès que je commence à écrire, mes mots ne sortent plus dans le bon ordre... Que puis-je te dire d'ailleurs que mes regards, mes gestes, ma conduite, certains de mes mots et même parfois mes silences ne t'aient dit avant moi ? Pardonne ma prose mélo tragique mais je le vis assez mal... Bien sûr nous nous recroiserons, beaucoup au début et puis un peu moins. Comment peut on faire coller nos vies l'une à l'autre quand elles sont si différentes ? Tu me manques tellement ... Ces moments avec toi furent pleins de surprise et quand j'essaye de comprendre où tout cela est parti, je ne parviens jamais à aucune explication. Je crois que c'est comme ça, mine de rien... La relation s'est tissée comme une toile d'araignée, fil à fil, au hasard de moments non choisis de la vie où tout était prétexte à voir à quel point on se captait. Le plus dur pour moi a été de te laisser partir avec ce goût d'inachevé sur les lèvres. Je cherche les mots qui pourraient tout dire sans me trahir, qui pourraient nommer cette histoire et tous ces moments que je n'ai pas notés. Tu m'auras remplis la tête de souvenirs tu sais ! Belle expérience que tu m'as offerte là ! Pendant longtemps, j'ai pensé qu'il y avait des gens qui rentraient dans une vie pour un court moment et puis d'autres, bien qu'ils ne passent qu'un bref instant, impriment pour toujours leur marques dans l'autre. Tout cela pour te dire que tu fais désormais parti de toutes mes images indélébiles. Il aurait fallu que je profite de toi un maximum, que je grave dans ma tête chaque petits bouts de ton corps, l'expression de ton visage quand tu me regardais, que je colle ton odeur à ma peau ; que je mette tes caresses, tes lèvres sur les miennes, nos étreintes, ta main dans mes cheveux qui me réchauffait le rêve, que je mette tout ca dans un coin de ma tête et que je le sorte quand l'absence se ferait trop forte. Parce que... c'est vrai, je t'ai aimé, à la fois pour tout ce que tu étais et tout ce que tu n'as pas été ; pour tout ce qu'on s'est dit, et pour le reste qui se devinait dans mes silences. Je t'aimais pour tous ces frôlements de peau, notre corps à c½ur où au-delà de la passion physique se dessinait un attachement l'un pour l'autre indéniable. Je me suis souvent demandé qu'elle place j'avais dans ta vie, ce que je représentais à tes yeux, si tu avais de moi la même image admirative et douce que j'avais de toi. Je sais aujourd'hui que cela n'a que peu d'importance, que le principal est que nous ayons vécu ce qu'il y avait à vivre sans hypocrisie, ni pudeur, sans fausse retenue... Juste avec l'envie d'être l'un à l'autre par petits bouts... C'est vrai qu'il n'y a pas eu que des bons moments, que tu m'as un peu écorché le c½ur de temps à autres, mais tout ça s'estompe et s'efface quand je repense à ces petits moments passés ensemble, où l'illusion que tu m'appartenais était parfaite. Il m'est arrivée d'être en colère contre toi aussi, j'étais en colère que tu ne comprennes pas que je voulais que nous soyons quelque chose, pour de vrai, que j'y croyais pour deux, que tu avais juste à être là, à côté de moi, sans trop me faire de mal... En colère aussi pour cette indifférence que tu laissais trop souvent paraître et qui emplissait ma tête de doutes et de « pourquoi ? » Mais je sais que tu m'as donné un peu de toi, comme à beaucoup d'autre mais je t'en suis reconnaissante. Au final, cette lettre n'a pas vraiment de but précis, si ce n'est de te dire à temps que tu me manques toujours, parfois.
« On risque de pleurer un peu si l'on s'est laissé apprivoiser. » Il va falloir que je m'habitue à l'absence, que j'essaye d'exister dans d'autres yeux que les tiens. Puisque je suis en plein aveux, j'en profite aussi pour te dire que je suis désolée, désolée de ne pas avoir été celle qui te fallait, celle qui devait t'écouter et agir. Je ne suis pas de ce genre là. Désolée de t'avoir trahi. Je ne sais pas très bien ce que l'on a été toi et moi mais j'ai trouvé mon petit bonheur à tes côtés et j'espère que j'ai pu t'apporter un tout petit rien aussi. Voilà ? Que dire de plus... Cette lettre n'est ni une lettre d'excuses, ni une lettre de remerciements... Pas non plus une lettre d'amour fol bien que je t'ai présenté les trois.
"my Mister H."